dimanche 14 septembre 2008

Les débuts

Maintenant quatre jours que je suis à Bluefields. Je vais essayer de vous raconter les débuts ma vie dans la mesure ou je commence à connaitre un peu et avoir des histoires à raconter.

Tout d’abord Bluefields. Cette ville compte environ 50 000 habitants, repartis entre les mestizos (métis locaux et espagnol) et des descendants d’esclaves nègres avec toute une palette de couleur allant de l’amérindien central clair au noir profond d’Afrique.
A Bluefields, les gens parlent espagnol ou anglais, en général pas mal de gens se débrouillent bien avec les deux (mieux que moi en tous cas). Il s’agit en fait d’un anglais créole avec des mots très mangés et déformés, des sonorités Jamaïquaines ponctuée de « Yeah Man » fréquents puisque j’ai l’impression qu’ils remplacent la ponctuation…
Voilà une photo d’un type du coin et je crois que je peux me passer de commentaire…

Voici un petit exemple des rues et de l’architecture locale :

Nous sommes actuellement si je ne fais pas d’erreur 14 volontaires à travailler pour BlueEnergy. 7 français, 5 américains, 1 équatorien, 1 irlandais, plus un chef de projet américain, et environ 7 ou 8 nicaraguayens worker à l’atelier. Eh oui, ca commence à faire du monde. L’effectif tourne pas mal entre les gens qui reste 6 mois, un an, les nouveaux venus, etc.

J’habite dans une petite maison louée depuis peu par BlueEnergy pour faire face au nombre de volontaire croissant. Cette maison n’a jamais été habitée, l'équipement est assez spartiate : 2 chambres avec lit superposé, 2 éviers, un WC et un tuyau en hauteur duquel coule un filet d’eau que l'on peut appeler la douche. Je vis dans cette maison avec Cormack l’irlandais (à droite sur la photo) et Scott l’américain.

On prend les petits déjeuners dans la maison d’à coté où loge deux américaines et un français. Les repas du midi et du soir sont pris dans la grande et plus ancienne maison de BlueEnergy où vit le reste des troupes.

Voici la photo du monstre qui garde notre logis, et celle Piña, la femme de ménage avec un de ces deux enfants.


Voilà pour la partie descriptive et pratique de ma nouvelle vie. Plutôt chiant mais nécessaire. Il est indispensable de cadrer le référentiel où se déroule l’expérience, tout bon physicien vous le dira cher lecteur.

Hier on était à la plage. Bluefields donne sur une lagune crado alors pour se baigner il faut aller à El Bluff, ca prends 10 min en Panga et ensuite on peut jouir d’une mer plutôt agréable mais pas paradisiaque non plus…

On était une dizaine à passer la journée et la nuit là bas pour le départ de nos deux voisines américaines la semaine prochaine. Une dizaine de gringos bien accompagnée par le rhum local. Je vais faire des jaloux mais la boisson alcoolisée que l’on trouve le plus facilement ici hormis la bière est la Flor de caña, un rhum ambrée de 7 ans d’âge, complète hallucination gustative pour une ébriété douce et planante, un vrai rêve…

La journée c’est plutôt bien passée dans cette mer avoisinant les 30°. La nuit aussi. Enfin en partie. En fait, tant que le vent soufflait les insectes locaux appelés « sand fly » ne sortaient pas. Mais vers 4h du matin quand les alizées ont faiblis, elles sont toutes sorties du néant pour se ruer sur nous telle une légion infernale de monstres apocalyptiques, et je n’exagère rien. Essayez d’imaginer un nuage d’effroyables bestioles volantes d’un cinquième de centimètre qui piquent comme si on vous plantait une petite aiguille dans la peau. Quand on se prend 1 à 2 piqures par seconde ca devient carrément insoutenable et à moins d’avoir un flegme de fakir (ou 2 litres de Flor de cana dans la barrique) c’est un truc à devenir maboul. Heureusement, elles ne piquent pas dans l’eau et on a tous trouvé refuge dans les flots salvateurs jusqu’au levé du soleil et notre retraite cavalante de ce lieu maudit.

J’espère maintenant que toutes les plages du coin ne sont investies mais mes sources semblent indiquer que si en bonne partie…

Ainsi s’achève un week end fatiguant puisque le sommeil s’était drôlement bien planqué avant les sand fly et je n'avais pas vraiment réussi à le trouver, perché dans mon hamac de plastique (made in Bluefields en sac de riz)...

Me reste a vous souhaitez un bon début de semaine à tous et j'espère recevoir encore de vos nouvelles. Muchas Gracias a ceux qui m’ont laissé des petits mots.

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