jeudi 26 février 2009

Photo de famille


Bueno, falta la inspiración este semana, la imagen habla en mi lugar...

samedi 7 février 2009

Petit message personnel

Cette fois je ne vais pas parler d'un des aspects du pays ou de la dernière anecdote de Bluefields.
J'en profite pour envoyer des nouvelles plus personnelles et vous raconter un peu plus en détails comment je vis mon expérience ici. Après 5 mois, soit quasiment la moitié de mon temps à blueEnergy, c'est le moment idéal pour faire un petit bilan !

Alors, par quoi commencer...

Bon, déjà, je ne peux pas dire que je me sente mal ici, tout va pour le mieux dans mon monde Caribéen, où la crise mondiale qui fait des ravages partout à du nous oublier (tout comme le développement économique d'ailleurs), où le soleil brille avec régularité et application, où les chiens sont toujours aussi vérolés et où la musique s'écoute très, très fort...
Enfin, je m'égare. Je me sens très heureux ici, disais je. La cote Caraïbe du Nicaragua est facile à vivre, le climat y est excellent, quoi qu'un peu violent et lunatique sur les bords.
Au niveau professionnel, le boulot est très enrichissant d'un point de vu non financier. J'en apprends toujours plus sur les énergies renouvelables et les méthodologie de projet dans les pays en développement. Les activités sont super variées, entre la recherche & développement, le travail manuel à l'atelier, les activités commerciales de création de devis et de réunion client en chemise blanche, les nuits dans les hamacs lors des voyages en communautés.

Concernant les langues étrangères aussi le plaisir est grand de se débrouiller de mieux en mieux. Quelle victoire de se faire comprendre a la fin d'une phrase et de pouvoir répondre quelque chose de lié à la phrase précédente de son interlocuteur quand on vous adresse la parole ! J'en arriverai presque, armé de mon vocabulaire de primate en phase évolutive, à me lancer dans des discussions philosophico-intello tellement je suis parti de bas ! Et puis, le rire n'a pas de frontière et ça à le mérite de m'apprendre a faire des blagues courtes et plus gestuelles.

Pour en venir aux choses plus terre à terre du quotidien, parce que c'est important aussi, je vis depuis 3 mois maintenant dans une chambre à moi dans une petite maison à l'écart de la foule des volontaires de blueEnergy (on est 18 en tout en ce moment). Je partage la maison avec Hervé et on à une cuisine depuis 10 jours, c'est fou comme ça change la vie et comme il y a de plus en plus de gens qui viennent prendre un verre ou partager un repas ! Je constate que la bouffe est un formidable accélérateur social !

Pour les week end je m'occupe avec des nuits dansantes et arrosées, des grasses mat', un peu de boulot parce que y a toujours un truc à finir ou à commencer, pas mal de glande autour d'une table, d'un repas ou d'un café, des parties de fléchettes et des discussions à refaire le monde. Le temps passe vite dans ces conditions et mine de rien la petite routine s'installe...

Le mal du pays ne m'a pas encore frappé, et les doses de France injectées en continu par l'entourage des volontaires Français (50% du total), la langue et la cuisine me font douter de le connaitre un jour.

Coté cœur rien de bien sérieux à l'horizon. Quelques aventures régulières et divertissantes agrémentent mon célibat. La dernière en date, Sara, est parti ad vitam eternam à Managua pour trouver du travail. Après 3 semaines et 6 d'entrevues il fallait prendre nos distances, ca commençait a devenir trop intense et sérieux tout ça...

Sinon la santé est bonne, Alhamdoulilah, j'ai décidé de manger moins de viande en 2009 et cette semaine on était 3 à faire une mono-diète de banane pendant 3 jours. Un dur moment à haïr les bananes fadasses et à parler en continu de bonne bouffe, de plat succulent, de sauce et de rôtisserie. Mais on a relevé le défi et on s'est levé à 7h jeudi matin pour casser le jeun en se cuisinant des pâtes fraiches avec une sauce tomate-carotte-oignon à tomber par terre. On a touché le paradis du doigt et on l'a même caressé un bon moment, le sourire béat aux lèvres et le ventre dilaté...

Voilà, je crois avoir fait a peu près le tour de la question pour le positif car je voulais aussi parler des trucs qui m'énervent parce que faut pas croire que tout est rose non plus.

Alors j'en ai marre des gens apathiques de Bluefields qui vivent coupés du monde et du reste du Nicaragua, dans ce recoin à la frontière de la jungle et de l'océan, sans curiosité et placides observateurs du temps qui passe et de la pluie qui tombe à cause de la loi de la gravité universelle.

J'en ai marre aussi de la vision Américano-mégalomanique des directeurs de blueEnergy qui dirigent l'ONG à des fins ambitieuses. Le directeur exécutif de "blueEnergyGroup", qui vit a San Francisco, défini son activité comme de "l'entreprenariat social"... bref, Bigger, Faster, Stronger, tel est la devise. Pauvre Clément le petit décroissant qui veut faire des éoliennes avec des bouts de cartons et des boites de conserve, et qui calcule le rejet de CO2 de son trajet France Nicaragua quand le projet nécessite une bonne cinquantaine de vols par an...

J'en ai marre de la connexion internet style tortue paraplégique, des coqs qui hurlent de manière désynchronisée des sons affreux toute la nuit, de ne gouter au chocolat qu'une fois par mois...

Bon, je vais finir là dessus car ça n'a pas grande importance... bref, il faut juste retenir que ça roule pour moi ici et qu'il me manque juste vos nouvelles et vos mails qui tomberaient comme la pluie des Caraïbes. Je compte sur ce message pour provoquer un élan solidarité généralisée vers ma boite aux mails.

Je vous embrasse tous bien fort.

Clément

dimanche 1 février 2009

Let's going out tonight !

Il me semble important de raconter un peu les week end et décrire les endroits ou l'on passe une grande partie de notre temps en dehors du boulot : les boites de Bluefields !

En général, on ne met pas trop longtemps à decider où aller. On a le choix entre 3 endroits.
Si il est moins de minuit, ca sera la Cima Karaoké, parce que c'est le seul des 3 où il y a du monde à cette heure. C'est d'ailleurs un des grands mystères de la ville, ce nom, car personne n'a jamais chanté faux en face d'une télé dans ce bar... L'entrée y est gratuite, l'ambiance tranquille et populaire, la piste de danse petite et souvent saturée. Pour la musique, une des 2 serveuses derrière le bar se debrouille avec la platine CD. Si la chanson suivante est sur le meme album, la transition est rapide. Si il faut changer de CD, tout le monde à le temps de retourner s'assoir pour siffler une gorgée de Toña avant d'y retourner. Ca joue un peu de tout, Reggae, Reggaeton, Zouk parce que c'est les caraibes, Soca, Bachata et Meringue pour danser à deux et parce que c'est l'Amerique Latine, et puis un peu de Country paisible et de Ranchera, à cause des Campesinos qui s'ont venu s'ennivrer là. Aux toilettes, on se marre bien, en general, y en a un qui pisse dans la cuvette et l'autre dans la poubelle (qui fuit par en bas, mais faut bien pisser dans quelque chose...). Parfois un troisieme type encore plus bourré que les deux autres s'incruste au milieu en jouant des épaules pour venir poser son jet dans la cuvette......vous saisissez un peu lambiance ?

En option sortie numero deux, on trouve La Cima Club, le niveau au dessus de la Cima Karaoké, car l'entree taxe 50 cordobas (2.5$) le samedi soir, et puis aussi parceque c'est l'étage du dessus. A l'interieur c'est musique assourdissante, stroboscope et lumiere noire. Les trois ecrans plats diffusent des clips americains qui n'ont rien à voir avec la musique. La population du lieu est plus claire que dans la rue, ca se prends d'ailleurs beaucoup plus au serieux. C'est l'endroit idéal pour se prendre des rateaux a répétition en essayant d'inviter à danser des petites minettes maquillées et bien habillées. La musique flirte parfois dangeureusement avec la daube des boites occidentales, Madonna passe au moins deux fois dans la nuit. Mais enfin, La cima Club est quand meme le seul endroit ou l'on peut espèrer entendre une salsa, et pour ca on lui pardonnerai presque tout.

Et puis en trois, il y a le Four Brothers. Le temple de la culture Creole et l'antithèse de la Cima Club. L'entrée monte à 10 Cordo les soirs d'affluence. C'est une grande baraque en bois avec un plancher qui craque et une lampe fatiguée au milieu. La musique est 100% caribeenne avec du Zouk et du Ragga Dancehall pour le plus agité, enchainé souvent par une demie heure de slows lanscinants de 8 min où rien ne bouge, à l'exception des hanches de chaque couple qui se caressent au rytme de la musique, lentement. Derrière, il y a une cour avec deux longs bancs, des prostitués quadragénères et obèses, des junkies anorexiques relativement stones qui réclame quelques peso, des pauv' chiens et de l'espace pour pisser sous les étoiles...

Eh bien voilà! Vous avez fait le tour des boites de bluefields. Je ne sais pas si il y a de quoi s'occuper pour une année entière mais pour l'instant je ne m'ennuie pas trop. Et puis faut pas exagèrer, à coté de ca il y a aussi plusieurs autres petits bars avec chacun une ambiance differente. Il y a meme desfois des concerts et des concours de danse Garifuna !

Mais allé, assez pour aujourd hui. Je vous raconterai une autre fois les peuples et les danses Garifuna, à l'intense gout d'Afrique...