dimanche 30 novembre 2008

A vot' bon coeur !

La fin de l'année approche, les fêtes, les étrennes, le froid qui renforce la chaleur humaine. C'est en général le moment favori pour se délester de quelques thunes aux ONG. Eh bien, cette année, je vous propose de me faire directement ce don!

Non, non, je ne suis pas en train de plagier gauchement M. Crozemarie... je m'explique... Pour ceux qui ne le savait pas, je ne suis pas payé du tout pour cette année de volontariat au Nicaragua, et même si le travail présente de très bons cotés, ce n'est pas facile de se financer seul une année durant.

Heureusement, blueEnergy, l'ONG pour laquelle je bosse, soutient tous les volontaires au Nicaragua grâce à un site Internet de collecte de dons. En fait blueEnergy ne nous donne pas de sous, mais les outils pour les trouver !

Jusqu'à présent j'avais un peu rechigner à faire la quête auprès des amis et de la famille. Cette position me gênait un peu vis à vis des proches. Je me dis aujourd'hui qu'à l'approche des fêtes le moment est favorable pour demander un peu de soutient. Et puis maintenant que vous connaissez un peu mieux ce qui se passe ici grâce a mon blog, cela permet de voir directement où vont les dons...

Donc, pour les aspects plus techniques, je viens d'insérer sur mon blog, à droite, le lien vers la page Web qui collecte mes dons. La procédure est très simple pour faire un don en 5 minutes. Autre bonne nouvelle, blueEnergy est reconnue association d'intérêt publique, les dons sont donc déduit des impôts à hauteur de 66% (seulement pour ceux qui en paie malheureusement). Je dis ça en passant, la déclaration d'impôt 2008 tombe très bientôt, c'est le moment où jamais de se lancer...

Pour ceux qui ne sente pas trop à l'aise pour donner en ligne sur la toile avec toutes ces technologies qu'on y comprend rien et qu'on peut se faire filouter son numéro de carte bleu, la méthode du chèque et de l'enveloppe postale fonctionne toujours très bien. N'hésitez pas à m'envoyer un petit message si vous voulez plus de précisions là dessus, et pour donner de vos nouvelles aussi, tant qu'a faire.

Évidemment, je ne demande pas grand chose, juste quelques euros en coup de pouce pour m'aider à compléter une partie du budget.
Ça sera ça de moins dépensé à Leclerc pour relancer la croissance Française et enrayer la crise...je sais c'est pas très joli joli ce que je vous demande là...
Bref, un dernier mot avant de vous quitter (je pars toute la semaine prochaine dans une communauté pour l'installation d'une nouvelle éolienne) : à votre bon cœur Monsieur Dames, et merci à tous de votre soutient !!!

vendredi 28 novembre 2008

Bebêtes

Et maintenant un message pour les petits curieux de faune et de la flore locale. J'ai essayer de prendre des photos a chaque fois que je croisais un spécimen bizarre digne figurer dans vitrine du Museum du blog Nicarament, mais c'est frustrant et pas très facile à faire quand il n'y a pas d'appareil photo à proximité...
L'autre jour par exemple en allant acheter des achats j'ai raté un americain adulte mâle en liberte. C´est tres rare, quelle frustration de rater telle aubaine!
Depuis, à l'instar du touriste asiatique, je ne me sépare plus de ma machine à photo.
Mais bref, j'arrete de me plaindre. Passons aux images.

fig1. singe domestique capturé au crépuscule en venant chaparder de la nourriture chez ses futurs propriétaires


fig 2. Crabe d'eau douce bleu. Gros comme la main, voire plus


fig 3. Araignée. Grosse.


fig 4. Fourmis mangeuses de plante. Travail sans cesse, vite et bien. résultats visibles. Tracent de véritable chemin sur le sol (bien 10cm de large)

fig 5. Américain s'alimentant

fig 6. Serpent corail (celui là fait environ 40cm). Son venin peux tuer un paysan Nica qui fait du cheval 12h par jour en 10 min, mais là il ne peut pas, à cause de sa tête écrasée.

fig 7. Coqs de combat. Attention, c'est sanguinaire et ils ne savent pas s'arreter! Malgré l'interdiction il y a souvent des combats par ici

fig 8. Américain en phase de sommeil

C'est pour l'instant tout ce que j'ai réussi à réunir concernant les créatures extraordinaires. J'ai eu particulièrement de la chance avec les Américains qui sont en général très craintifs en captivité.
Il manque quand même les photos des fourmis grosses comme la phalange du petit doigt et celle du perroquet rouge vert et bleu. A venir bientôt. Le plus dur va être le jaguar (si si c'est vrai il y en a encore en liberté).

Et avant de finir, une petite pensée pour notre tondeuse.


Allez, Sébastien! tu as presque fini
(bon, après il faudra repartir du début, ça a repoussé entre temps)


mercredi 26 novembre 2008

Cartes postales

Au Nicaragua, il y a la route de tous les jours pour aller travailler

Au Nicaragua, on n'est pas loin des USA

Au Nicaragua, il y a un volontaire Hippie qui ressemble à Jésus

Au Nicaragua, il y a souvent du monde à blueEnergy

Au Nicaragua, il y a une communauté Irlandaise

Au nicaragua, il y a des jours où on ne boit pas de bière

Au nicaragua, il y a des vieux Rasta qui dansent comme des chats

Au Nicaragua, il y a des petits pêcheurs pauvres qui partent en mer sur des troncs creux et avec leur grands trous entourés de voile en plastique

Au Nicaragua, dans une grande maison verte, il y a des petits pêcheurs pauvres qui ont trouvé un sac de cocaïne dans leur filet

Au Nicaragua, dans la Panga, ça secoue souvent fort à l'avant et ça arrose beaucoup à l'arrière

Au Nicaragua, il y a parfois des trucs sympa au bout du voyage

Loco Nicaragua !

mardi 18 novembre 2008

Avion vs Eolienne

Je voulais ouvrir ce post par un petit calcul plutôt intéressant soulignant l'aberrance de nos comportements.

Par exemple, prenons au hasard une organisation non gouvernementale opérant au Nicaragua dans le domaine des énergies renouvelables.
Les énergies renouvelables, c'est bien, le premier larron venu vous le dira. Si vous lui demander son avis, il ajoutera même en premier que ça réduit nos émissions de CO2.
Prenons, toujours au hasard, un volontaire Français, insouciant et plein de bonne volonté , qui se rend en avion donner un coup de main à cette ONG.

Eh ben rendez vous compte que si on fait un calcul avec plein de truc dedans tel que la consommation moyenne d'un avion, la distance Paris Managua, l'énergie produite par une éolienne et le contenu énergétique du kérozène, on arrive à ca. Tin tin tin, roulement de tambour :

700 litres de kérosène brulés pour un aller-retour France Nicaragua
685 litres de kérozène évités si il avait fallu produire l'énergie d'une éolienne pendant une année avec un groupe électrogène.

Le bilan est donc assez simple. Le CO2 "économisé" par une eolienne durant une année de fonctionnement suffit à peine à rembourser le CO2 rejeté par le trajet en avion d'un volontaire Français.

Ici on est déjà 12 volontaires français à faire le trajet cette année + 1 volontaire Irlandais + 6 Américains + 1 Australiens + nos directeurs qui font le trajet des États unis ou de France 2 à 3 fois par an.

Pour l'instant 6 éoliennes sont en fonctionnement.

Voilà, c'est simple, il reste grossièrement à construire et installer une douzaine d'éoliennes opérationnelles avant de partir. Ainsi on pourra dire que notre ONG à un bilan CO2 nul. Ça va être fatiguant (et impossible en terme de temps et de logistique). Dire que le résultat aurait été le même pour l'environnement en restant couché.

Aller, bon, je suis pessimiste. En terme social blueEnergy est une incomparable machine à rencontre et à échange culturel. Et puis elle emploie depuis bientôt deux ans 12 personnes dans des conditions de travail plus que décentes.
C'est là ça vrai raison d'être, je crois.

Et puis de toute façon on commence à rembourser nos dettes dans deux semaines. Une nouvelle éolienne va être installée dans la communauté de Kahkabila.
Au programme deux à trois voyages en bateau là bas avant la mi décembre pour l'étude des besoins, fabriquer les fondations, élever l'éolienne sur son mat et enfin tourner le bouton 'ON'.
Je vais revoir du pays dans les semaines à venir, on part d'ailleurs demain pour le premier round, et, c'est promis, je vous raconterais tout sur ce blog, images a l'appui!

Je vous embrasse tous.

dimanche 16 novembre 2008

La tondeuse à gazon

A l'Inatec, le lycée technique où est implanté blueEnergy, il y a beaucoup d'herbe. De l'herbe qui pousse vite à cause de la pluie et du soleil. Pour la couper, il y a une tondeuse, elle s'appelle Sébastien.

Sébastien, il passe ses journées à lever le bras droit puis le baisser rapidement et latéralement, un bon millier de fois par jour. Quand il n'ai pas occupé au fitness de son biceps droit, c'est qu'il est en train d'affuter le prolongement de son bras, sa machette.

Quand je le vois courber à son labeur, je me dis que l'invention du gazon coupé n'est pas géniale sans tondeuse. Je me demande aussi pourquoi on lui achète pas une jolie tondeuse, vous savez celle avec le rouleau tranchant au bout du manche qui coupe l'herbe en roulant.
Ceci fait parti des grandes et sérieuses enigmes du Nicaragua. J'enquête dessus et je vous tiens informé dès que j'ai un bout de réponse, ok ?

samedi 8 novembre 2008

Et maintenant, un peu de technique !

Pour ceux qui se demande encore ce que je fais précisement à bluefields, ce message va parler un peu boulot pour changer.

Je travaille sur les aspects techniques des éoliennes, la fabrication, l'installation et la maintenance avec une grosse partie consistant a optimiser ce qui existe déjà. Je ne travaille pas seul sur ce sujet, et heureusement!

Pour présenter un peu l'équipe, de gauche à droite, il y a Jonathan l'Australien, ingénieur mécanicien, Sébastien, qui a passé un an et demi à construire des éoliennes à l'atelier s'en va demain, Hugh qui nous a filer un coup de main rapide main hyper utile. Quand Hugh parle, c'est comme si les 10 commandements de l'éolien nous étaient livrés, bruts et incandescants de vérité...la parole divine du Guru...bon...pour en revenir à la photo il y a ensuite moi, puis Loïc, stagiaire Francais en école d'ingénieur qui s'occupe des aspects électriques et électroniques, et enfin Olivier, docteur en physique, francais lui aussi.

Celle-ci, c'est la nouvelle eolienne construite lors des deux semaines de conférence avec Hugh Piggott. Apres des journées de travail bien pleines pendant cette période elle tourne enfin peinardement dans le ciel des caraibes depuis 10 jours.

Cette éolienne est la mise en application d'une partie de nos dernières idées et de l'expérience de Hugh appliquée au contexte local. Elle devrait nous montrer la voie et nous guider dans notre boulot pour les mois à venir.
Car ici l'équation que l'on doit résoudre est compliquée par deux petits détails.
Le premier est que Bluefields est isolé de tout, ce qui complique enormément l'approvisionnement en matière première et donne des couts exorbitants sur le matériel importé. Je l'avais déjà dit dans un précédent message, toutes les marchandises qui arrivent à bluefields passent par bateau car aucune route n'arrive jusqu'ici. Et ça se paie.
Deuxième point, la corrosion. C'est incroyable de voir à quelle vitesse ici les métaux et le bois se font ronger! Le coin est une espèce d'étuve humide et chaude, attaquée par le sel des vents marins, idéal pour métamorphoser un métal brillant en vieux bout de ferraille et une belle planche saine en machin gondolé et moisi!

Un autre challenge de l'année à venir est de développer de nouvelles pales en fibre de verre car le bois spécial que nous utilisons actuellement pour les fabriquer est soumis à un moratoire sur son exploitation...impossible de le trouver sur le marché légal depuis des mois. La fibre de verre est plus solide, légère, et rapide à fabriquer mais ca demande un effort énorme de recherche pour developper un savoir faire, des moules, et des pales très solides et durables.

Bref, un joli tas de travail nous attend, mélange d'incertitudes et d'idées nouvelles. Dans un an, à notre départ, il y aura on l'espère une nouvelle éolienne pour le Nicaragua, un concentré de sueur, de jus cerveau et d'expérience. Une éolienne increvable, qui produit une énergie stable et regulière, jour et nuit, dès le moindre souffle des alizés, et que les enfants d'aujourd'hui verront encore tourner le jour où ils deviendront parents. Le Massey-Ferguson de l'éolien si vous voulez.

Voilà ce qu'on devra laisser à notre départ en septembre 2009... fatiguant mais excitant, non ?

lundi 3 novembre 2008

Pauv' chien

Le Nicaragua c'est le pays des chiens. Au sens propre s'entend. Chaque petite maison, chaque famille, chaque pauvre foyer semble en avoir un. Il faut ajouter a cela la même proportion de chiens errants dans les rues, les poubelles et les fosses. Ça donne des nuits plutôt bruyantes.

Heureusement les chiens d'ici sont relativement pacifistes. C'est comme les militants de greenpeace, ça fait plein de bruit, ça se montre, mais ça n'attaque jamais. Ces chiens se sont prit tellement de coups savate et de pierres volantes dans la gueule qu'ils en ont oublié depuis plusieurs générations le gout de la chair humaine. Il suffit de lever la main avec un air menaçant pour faire fuir a toute vitesse un cabot, la queue entre les jambes.

Jusque là rien de vraiment spécial. C'est sur le plan esthétique que le chien Nica devient spectaculaire. Marcher dans la rue à Bluefields c'est comme faire une ballade a l'hôpital, un vrai musée aux horreurs et aux extravagances de santé. La constante est le pelage éclairci, reparti entre l'avant et l'arrière, le ventre et le dos, voir éparpillé sans logique en touffes de poils sur quelques membres privilégiés. Une sorte de calvitie multiple et mal localisée, quoi.
Il y a ensuite plusieurs variables. Les pustules noirs et secs, les abcès rouges et suintants, les plaies mal cicatrisées, les pattes cassées. La liste est assez longue et je pense que vous avez compris. Croiser un chien sain au poil soyeux relève alors du miracle et la tentation est rude de ne pas se rouler à terre en embrassant cette créature miraculée.

Dernier point enfin, malgré le nombre de clebs dans la nature, il ne m'a jamais été donné de marcher d'une crotte de chien, ni meme d'en voir une en y reflechisant bien...le manque de nourriture dois expliquer cette propreté urbaine...je vous laisse deviner vous meme où disparaissent les cacas...

J'essaierai pour illustrer mes dires de mettre en ligne bientot quelques photos des spécimens les mieux arrangés, un bestiaires des "chiens survivors".

Et le premier exemple :



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je manquais un peu d'inspiration cette fois ci pour poster un nouveau message. Ce n'est pas encore les vacances et je suis en train de me faire pièger dans une routine de travail diaboliquement efficace pour rendre ce blog ennuyeux et plat (surtout ces deux dernières semaines). Pardonnez moi chers lecteurs adorés.

Mais enfin, Hugh part demain et on va finalement pouvoir se reposer un peu. J'en profiterai pour aller siffler sur une colline avec un petit bouquet d'églantine et savourer de sentir le temps glisser entre mes doigts de pieds...en pensant à vous et en réfléchissant au prochain mot que je vous écrirais...

Bonne journée, à la prochaine, et donnez des nouvelles, pardi !