mardi 18 novembre 2008

Avion vs Eolienne

Je voulais ouvrir ce post par un petit calcul plutôt intéressant soulignant l'aberrance de nos comportements.

Par exemple, prenons au hasard une organisation non gouvernementale opérant au Nicaragua dans le domaine des énergies renouvelables.
Les énergies renouvelables, c'est bien, le premier larron venu vous le dira. Si vous lui demander son avis, il ajoutera même en premier que ça réduit nos émissions de CO2.
Prenons, toujours au hasard, un volontaire Français, insouciant et plein de bonne volonté , qui se rend en avion donner un coup de main à cette ONG.

Eh ben rendez vous compte que si on fait un calcul avec plein de truc dedans tel que la consommation moyenne d'un avion, la distance Paris Managua, l'énergie produite par une éolienne et le contenu énergétique du kérozène, on arrive à ca. Tin tin tin, roulement de tambour :

700 litres de kérosène brulés pour un aller-retour France Nicaragua
685 litres de kérozène évités si il avait fallu produire l'énergie d'une éolienne pendant une année avec un groupe électrogène.

Le bilan est donc assez simple. Le CO2 "économisé" par une eolienne durant une année de fonctionnement suffit à peine à rembourser le CO2 rejeté par le trajet en avion d'un volontaire Français.

Ici on est déjà 12 volontaires français à faire le trajet cette année + 1 volontaire Irlandais + 6 Américains + 1 Australiens + nos directeurs qui font le trajet des États unis ou de France 2 à 3 fois par an.

Pour l'instant 6 éoliennes sont en fonctionnement.

Voilà, c'est simple, il reste grossièrement à construire et installer une douzaine d'éoliennes opérationnelles avant de partir. Ainsi on pourra dire que notre ONG à un bilan CO2 nul. Ça va être fatiguant (et impossible en terme de temps et de logistique). Dire que le résultat aurait été le même pour l'environnement en restant couché.

Aller, bon, je suis pessimiste. En terme social blueEnergy est une incomparable machine à rencontre et à échange culturel. Et puis elle emploie depuis bientôt deux ans 12 personnes dans des conditions de travail plus que décentes.
C'est là ça vrai raison d'être, je crois.

Et puis de toute façon on commence à rembourser nos dettes dans deux semaines. Une nouvelle éolienne va être installée dans la communauté de Kahkabila.
Au programme deux à trois voyages en bateau là bas avant la mi décembre pour l'étude des besoins, fabriquer les fondations, élever l'éolienne sur son mat et enfin tourner le bouton 'ON'.
Je vais revoir du pays dans les semaines à venir, on part d'ailleurs demain pour le premier round, et, c'est promis, je vous raconterais tout sur ce blog, images a l'appui!

Je vous embrasse tous.

5 commentaires:

Melonne a dit…

T'es pas pessimiste, t'es réaliste, parce que si la défaite de l'entreprise c'est d'être verte...
Chui ben contente pour toi que t'aies rencontrer plein de gens intéressants.`
J'ajouterais autre chose, mais j'te connais pas assez.

Melonne a dit…

Désolée, j'aurais dû mettre un "é" à la place du "er".

Anonyme a dit…

No comment ou réflexion très pertinente. A quand le voyage jusqu'au Nicaragua à pied?
@+ Nelly

Anonyme a dit…

No comment
ou Réflexion très intéressante.
A quand le voyage au Nicaragua à pied? @+ Nelly

Anonyme a dit…

Salut amigo,

C'est Thibault, de Loire-Atlantique. Je voulais te faire un petit coucou. Moi aussi je vais aller planter des éoliennes à l'étranger. Pas tout à fait dans les mêmes conditions mais bon. Je vais aller faire un tour en Allemagne, du coté de Mainz, et bosser pour Juwi : une boite qui plante des éoliennes et des panneaux solaires photovoltaïques. Ça me fait vraiment plaisir, tu dois t'en douter. Enfin réaliser un espèce de vieux rève jamais vraiment bien établi.
Au plaisir de te revoir, et, qui sait, de planter des éoliennes ou autre machine fantastique à tes cotés.
Tchao bonsoir !