jeudi 11 juin 2009

Clément in Monkey Point, Episode II

Oups. J'ai un peu trainé pour deuxième épisode. J'ai foiré mon effet suspens en démotivant les trois derniers lecteurs qui se connectait de temps à autre dans l'attente de l'épisode II. I´m sorry.

So. Ma motivation en mon entrain on un peu diminués, mais je tiens quand même a raconter "les dessous" de Monkey Point. Alors allons-y pour un petit tour dans le politico-historico-culturel et désolé par avance si je me répète.

Alors voila, Monkey Point c'est tout paumé. Y a pas de routes, pas de téléphone, pas de docteurs, pas d'Ikea. Rien. Les gens y vivent souvent comme au moyen âge, mais avec parfois des détails extra-temporels du troisième millénaire qui donne une impression assez étrange. Le lecteur DVD portable du salon posé sur la cage des poules, par exemple.

Au milieu de ce nulle part, cette zone hostile ou le dernier cri de l'infrastructure moderne est l'école en tôle et parpaing, sous les manguiers, dans le sable et les coques de coco fendues, il y a cent mètres d'une ligne de chemin de fer, et deux plateformes de train posées dessus. De statiques masses de ferraille rongées, extravagances de l'histoire en ces lieux sauvages.
Les allemands, au début du 20ème siècle, ont apporté ça là, et ne me demandez pas comment. C'était la première pierre du projet de canal sec pour joindre les Caraïbes au Pacifique. Les américains ont par la suite légèrement compromis leurs projets. Aujourd'hui, l'idée est encore vivante. Le canal de Panama arrive à saturation, le trafic augmente, de même que la taille des bateaux.

Un vieux de Monkey Point, qui l'est surement moins que ce sur quoi il est assis

Alors pas mal d'yeux se tournent vers le Nicaragua; un drôle de parfum flotte sur la communauté.

Des anciens habitants Créoles reviennent sur les lieux, après avoir déserté plus de deux décennies, depuis la guerre des Contras. Ils viennent revendiquer la terre ancestrale, qui pourrait soudain prendre de la valeur en se fatiguant moins qu'avec une bêche et une machette.

Actuellement, le principal combat des chefs de la communauté au niveau national est de faire reconnaitre leur territoire et d'obtenir un titre foncier en bonne et due forme. Un combat légitime, je trouve, bien qu'invoqué au nom d'une travestie "protection de la biodiversité et des ressources naturelles". Mais la lutte n'est pas facile face au gouvernement. C'est David contre Goliath dans un état ou Thémis a perdu son bandeau.


Ce n'est pas le seul problème foncier des habitants de la communauté. Les Mestizos de la côte Pacifique, par manque de terre, font de plus en plus pression sur la jungle de la côte Caraïbe. Elle est rongée doucement par l'exploitation du bois et des méthodes agricoles brutales de déboisement systématique pour donner des pâturages aux élevages bovins.
Quand, après 3 ou 4 ans, la terre est épuisée, il faut continuer à avancer. Aujourd'hui la progression est arrivée à quelques kilomètres des côtes. Les habitants des communautés doivent aller défendre leurs terres et leurs cultures à la machette et au fusil. Évidemment, cela créer quelques tensions avec la moitié de Mestizos qui vit dans cette communauté Créole.

Le bush des alentours (la campagne, quoi) fournit de quoi vivre. Les gens vont chasser, cueillir ou cultiver leur nourriture, ou encore la pêcher en mer. Ils cultivent de petits lots d'haricots rouges, de mais, de manioc, et ils coupent à la machette bananes, ananas et autres nourritures plus ou moins sauvages. Les corvées de bois et d'eau complètent les nécessités basiques de survie. La vie à Monkey Point est simple et gratuite, il suffit d'aller la chercher autour de chez soi.

Préparation des tortillas de mais

Cependant, pas mal de gens c'étaient habitués aux rythmes réguliers des arrivées de paquets de cocaine sur les plages de la communauté. Une source de revenus juteuse et aisée. Depuis quelques années, les "White Lobster" ce font rares et c'est dur de retrouver le pénible travail du bush.

L'argent ne circule pas ou très peu dans la communauté, les moins pauvres achètent de temps en temps un peu de fromage et de sucre, des cigarettes, quand ils vont à Bluefields ou au détail chez une des familles qui fait un peu de commerce.

Carla et sa gazinière, un couple heureux

Aller "à la ville", aller a Bluefields, c'est une ballade de dix heures sur la plage, au pas de course, puis avoir l'espoir d'être pris par une pirogue pour traverser la baie de Bluefields en une heure ou deux. Les voyageurs partent généralement tôt, vers 3 ou 4h du matin, pour espérer arriver avant la nuit suivante.

Au sujet des divertissements, les possibilités sont assez limitées, sans livre, ni TV, mais il y a quand même des matchs de base-ball régulièrement. Et même si ils jouent toujours contre la même équipe, l'envie de gagner est là, les femmes encouragent ses messieurs aux casques fendus et aux uniformes américains troués. Il y a aussi des anniversaires à intervalle régulier, fêtés avec force rhum et cigarettes, natures ou verdies à la Marie Jeanne.

Les gamins vivent en bande, sont toujours dehors, pied nus et sales, ce qui fait plaisir à voir. Les deux heures de classes semi-quotidiennes leurs laissent du temps pour se baigner, jouer au foot, escalader les manguiers et torturer de manière créative la faune locale.

C'est l'heure des classes !

Ça sera tout pour un cet autre aperçu de la vie à Monkey Point, dans ces futilités et ces grands combats. Une tranche de vie quasi intemporelle, multiculturelle et attachante....

Fin de l'histoire

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