dimanche 14 décembre 2008

Kahkabila

Ça y est, on l'a fait, on est allez planté une éolienne à Kahkabila! Comme je l'ai déjà dis, pas de route sur la cote caraïbe du Nicaragua donc on se débrouille avec les moyens locaux.


Le voyage a pris environ 8h au lieu des 3h habituelles parce que les filets dans l'hélice on tendance à allonger le trajet, surtout quand on se trompe de chemin. C'était quand même agréable de laisse coulé sur la rive les palmiers, bananiers et palétuviers géants au rytme tranquille du moteur...pout...pout...pout...pout...

Pour la petite anecdote AutoMagazine, l'eau pour refroidir le moteur est directement pompée du fond du bateau ca permet d'écoper sans fatigue. Sont malins ces Nica.


Voilà, ça c'est Kahkabila, pas dégueu non ?
Le service de tonte d'herbe est assuré avec zèle et régularité par un troupeau de vache qui paît en liberté dans la communauté. Faudra que j'en parle à Sébastien.

Pour décrire Kahkabila en quelques lignes :

800 habitants selon la police, 1200 selon les organisateurs
Pas d'électricité
Pas d'eau courante
Deux écoles primaires et c'est tout
Un centre de santé
Pas de police
Pas de clotures
Un chef de communauté, thomas, qui vit dans la plus petite maison du secteur


Après ces petites aventures aquatiques (une fois arrivé je veux dire), on a tendu nos hamacs dans l'école maternelle. C'est les vacances en ce moment, on a pas expulsé les mômes je vous rassure. C'est très efficace et pratique les hamacs car on a pu dormir à 16 dans la même salle sans se gêner.

Et puis on c'est mis au boulot. Le but était de mettre une éolienne et des panneaux solaires pour apporter un peu d'électricité au centre de santé et on s'en est plutôt pas mal sorti.


Le déroulement typique de nos journées était :

6h00 - levé au son du meuglement bovin
6h30 - petit déjeuné : riz, haricots, omelette et pain en quantité ouvrière
7h00 - travail
12h00 - déjeuner : riz, haricots, viande (ou pas) et patates ou pâtes. Un petit café avec l'eau du puits.
13h00 - travail
17h00 - la nuit tombe alors on va se baigner dans la lagune et on essaie de se laver avec du savon
18h00 - diner
19h00 - il est super tard, le dernier survivant ayant trompé l'ennui artificiellement à l'aide d'une lampe frontale et d'un bouquin s'en va au hamac
3h00 - chant d'un coq (le mythe affirmant que les coqs chantent à l'aube est un gros mensonge)
4h00 - chant d'un autre coq, du même, ou des deux ensemble



Voilà une photo du plat national Nicaraguayen. C'est bon et ça tient au ventre. Le principal composant est le Gallo Pinto, mélange de riz et d'haricots rouges, cuit avec un peu d'huile et d'oignon au feu de bois, mmmhhh. Il y a souvent une salade de crudité avec du chou et une sauce citron-sel à coté, pas mauvais non plus.


Une photo des jeux avec les enfants de Kahkabila dans l'eau salé de la lagune. Plus on les balançaient haut et loin, plus ils aimaient. Le plus drôle est de les balancer les uns sur les autres, ils adorent.


Et la lumière fut, l'avant dernier jour avant notre départ. Fallait nous voir hurler de joie comme des mégères hystériques lorsque, tard dans la nuit (vers 18h) et après une sale journée boulot à passer des câbles dans les faux plafonds surchauffés qui sentaient la fiente de chauve souris, on a touché pour la première fois l'interrupteur et que les tubes néons se sont magiquement mis a briller. Quel sensation, on croit revenir en enfance à s'extasier devant des bêtises si banales!!!

Voilà donc le récit de nos aventures communautaires. Suite à ça la routine Bluefieleno à reprit ses droits, non sans certaines difficultés. Après dix jours bucoliques de nature et de vie rurale, dur est le retour à la civilization, aux voitures, aux réunions et au réveil le matin. Surtout quand il faut attendre le diner en plein milieu de la nuit...

Mais bref, tout ceci appartient au passé, les vacances arrivent dans deux jours, pleine de promesses. Ca sera direction le Costa Rica dans un premier temps pour un petit séjour à Durika, dans les montagnes (un site paradisiaque selon la rumeur), ensuite la noël à San José pour enfin revenir sur le Nicaragua et continuer les vacances une bonne semaine entre plages ou volcans. On laissera l'avenir décider.

En attendant je vous embrasse tous fort fort fort.
Vous me manquez en cette période de fête.
Je tacherai d'écrire une dernière fois dans ce blog pour 2008, dans le cas contraire, je vous souhaite a l'avance an happy new year and a merry chrismas.

God bless you, america and sœur teresa. Amen

dimanche 30 novembre 2008

A vot' bon coeur !

La fin de l'année approche, les fêtes, les étrennes, le froid qui renforce la chaleur humaine. C'est en général le moment favori pour se délester de quelques thunes aux ONG. Eh bien, cette année, je vous propose de me faire directement ce don!

Non, non, je ne suis pas en train de plagier gauchement M. Crozemarie... je m'explique... Pour ceux qui ne le savait pas, je ne suis pas payé du tout pour cette année de volontariat au Nicaragua, et même si le travail présente de très bons cotés, ce n'est pas facile de se financer seul une année durant.

Heureusement, blueEnergy, l'ONG pour laquelle je bosse, soutient tous les volontaires au Nicaragua grâce à un site Internet de collecte de dons. En fait blueEnergy ne nous donne pas de sous, mais les outils pour les trouver !

Jusqu'à présent j'avais un peu rechigner à faire la quête auprès des amis et de la famille. Cette position me gênait un peu vis à vis des proches. Je me dis aujourd'hui qu'à l'approche des fêtes le moment est favorable pour demander un peu de soutient. Et puis maintenant que vous connaissez un peu mieux ce qui se passe ici grâce a mon blog, cela permet de voir directement où vont les dons...

Donc, pour les aspects plus techniques, je viens d'insérer sur mon blog, à droite, le lien vers la page Web qui collecte mes dons. La procédure est très simple pour faire un don en 5 minutes. Autre bonne nouvelle, blueEnergy est reconnue association d'intérêt publique, les dons sont donc déduit des impôts à hauteur de 66% (seulement pour ceux qui en paie malheureusement). Je dis ça en passant, la déclaration d'impôt 2008 tombe très bientôt, c'est le moment où jamais de se lancer...

Pour ceux qui ne sente pas trop à l'aise pour donner en ligne sur la toile avec toutes ces technologies qu'on y comprend rien et qu'on peut se faire filouter son numéro de carte bleu, la méthode du chèque et de l'enveloppe postale fonctionne toujours très bien. N'hésitez pas à m'envoyer un petit message si vous voulez plus de précisions là dessus, et pour donner de vos nouvelles aussi, tant qu'a faire.

Évidemment, je ne demande pas grand chose, juste quelques euros en coup de pouce pour m'aider à compléter une partie du budget.
Ça sera ça de moins dépensé à Leclerc pour relancer la croissance Française et enrayer la crise...je sais c'est pas très joli joli ce que je vous demande là...
Bref, un dernier mot avant de vous quitter (je pars toute la semaine prochaine dans une communauté pour l'installation d'une nouvelle éolienne) : à votre bon cœur Monsieur Dames, et merci à tous de votre soutient !!!

vendredi 28 novembre 2008

Bebêtes

Et maintenant un message pour les petits curieux de faune et de la flore locale. J'ai essayer de prendre des photos a chaque fois que je croisais un spécimen bizarre digne figurer dans vitrine du Museum du blog Nicarament, mais c'est frustrant et pas très facile à faire quand il n'y a pas d'appareil photo à proximité...
L'autre jour par exemple en allant acheter des achats j'ai raté un americain adulte mâle en liberte. C´est tres rare, quelle frustration de rater telle aubaine!
Depuis, à l'instar du touriste asiatique, je ne me sépare plus de ma machine à photo.
Mais bref, j'arrete de me plaindre. Passons aux images.

fig1. singe domestique capturé au crépuscule en venant chaparder de la nourriture chez ses futurs propriétaires


fig 2. Crabe d'eau douce bleu. Gros comme la main, voire plus


fig 3. Araignée. Grosse.


fig 4. Fourmis mangeuses de plante. Travail sans cesse, vite et bien. résultats visibles. Tracent de véritable chemin sur le sol (bien 10cm de large)

fig 5. Américain s'alimentant

fig 6. Serpent corail (celui là fait environ 40cm). Son venin peux tuer un paysan Nica qui fait du cheval 12h par jour en 10 min, mais là il ne peut pas, à cause de sa tête écrasée.

fig 7. Coqs de combat. Attention, c'est sanguinaire et ils ne savent pas s'arreter! Malgré l'interdiction il y a souvent des combats par ici

fig 8. Américain en phase de sommeil

C'est pour l'instant tout ce que j'ai réussi à réunir concernant les créatures extraordinaires. J'ai eu particulièrement de la chance avec les Américains qui sont en général très craintifs en captivité.
Il manque quand même les photos des fourmis grosses comme la phalange du petit doigt et celle du perroquet rouge vert et bleu. A venir bientôt. Le plus dur va être le jaguar (si si c'est vrai il y en a encore en liberté).

Et avant de finir, une petite pensée pour notre tondeuse.


Allez, Sébastien! tu as presque fini
(bon, après il faudra repartir du début, ça a repoussé entre temps)


mercredi 26 novembre 2008

Cartes postales

Au Nicaragua, il y a la route de tous les jours pour aller travailler

Au Nicaragua, on n'est pas loin des USA

Au Nicaragua, il y a un volontaire Hippie qui ressemble à Jésus

Au Nicaragua, il y a souvent du monde à blueEnergy

Au Nicaragua, il y a une communauté Irlandaise

Au nicaragua, il y a des jours où on ne boit pas de bière

Au nicaragua, il y a des vieux Rasta qui dansent comme des chats

Au Nicaragua, il y a des petits pêcheurs pauvres qui partent en mer sur des troncs creux et avec leur grands trous entourés de voile en plastique

Au Nicaragua, dans une grande maison verte, il y a des petits pêcheurs pauvres qui ont trouvé un sac de cocaïne dans leur filet

Au Nicaragua, dans la Panga, ça secoue souvent fort à l'avant et ça arrose beaucoup à l'arrière

Au Nicaragua, il y a parfois des trucs sympa au bout du voyage

Loco Nicaragua !

mardi 18 novembre 2008

Avion vs Eolienne

Je voulais ouvrir ce post par un petit calcul plutôt intéressant soulignant l'aberrance de nos comportements.

Par exemple, prenons au hasard une organisation non gouvernementale opérant au Nicaragua dans le domaine des énergies renouvelables.
Les énergies renouvelables, c'est bien, le premier larron venu vous le dira. Si vous lui demander son avis, il ajoutera même en premier que ça réduit nos émissions de CO2.
Prenons, toujours au hasard, un volontaire Français, insouciant et plein de bonne volonté , qui se rend en avion donner un coup de main à cette ONG.

Eh ben rendez vous compte que si on fait un calcul avec plein de truc dedans tel que la consommation moyenne d'un avion, la distance Paris Managua, l'énergie produite par une éolienne et le contenu énergétique du kérozène, on arrive à ca. Tin tin tin, roulement de tambour :

700 litres de kérosène brulés pour un aller-retour France Nicaragua
685 litres de kérozène évités si il avait fallu produire l'énergie d'une éolienne pendant une année avec un groupe électrogène.

Le bilan est donc assez simple. Le CO2 "économisé" par une eolienne durant une année de fonctionnement suffit à peine à rembourser le CO2 rejeté par le trajet en avion d'un volontaire Français.

Ici on est déjà 12 volontaires français à faire le trajet cette année + 1 volontaire Irlandais + 6 Américains + 1 Australiens + nos directeurs qui font le trajet des États unis ou de France 2 à 3 fois par an.

Pour l'instant 6 éoliennes sont en fonctionnement.

Voilà, c'est simple, il reste grossièrement à construire et installer une douzaine d'éoliennes opérationnelles avant de partir. Ainsi on pourra dire que notre ONG à un bilan CO2 nul. Ça va être fatiguant (et impossible en terme de temps et de logistique). Dire que le résultat aurait été le même pour l'environnement en restant couché.

Aller, bon, je suis pessimiste. En terme social blueEnergy est une incomparable machine à rencontre et à échange culturel. Et puis elle emploie depuis bientôt deux ans 12 personnes dans des conditions de travail plus que décentes.
C'est là ça vrai raison d'être, je crois.

Et puis de toute façon on commence à rembourser nos dettes dans deux semaines. Une nouvelle éolienne va être installée dans la communauté de Kahkabila.
Au programme deux à trois voyages en bateau là bas avant la mi décembre pour l'étude des besoins, fabriquer les fondations, élever l'éolienne sur son mat et enfin tourner le bouton 'ON'.
Je vais revoir du pays dans les semaines à venir, on part d'ailleurs demain pour le premier round, et, c'est promis, je vous raconterais tout sur ce blog, images a l'appui!

Je vous embrasse tous.

dimanche 16 novembre 2008

La tondeuse à gazon

A l'Inatec, le lycée technique où est implanté blueEnergy, il y a beaucoup d'herbe. De l'herbe qui pousse vite à cause de la pluie et du soleil. Pour la couper, il y a une tondeuse, elle s'appelle Sébastien.

Sébastien, il passe ses journées à lever le bras droit puis le baisser rapidement et latéralement, un bon millier de fois par jour. Quand il n'ai pas occupé au fitness de son biceps droit, c'est qu'il est en train d'affuter le prolongement de son bras, sa machette.

Quand je le vois courber à son labeur, je me dis que l'invention du gazon coupé n'est pas géniale sans tondeuse. Je me demande aussi pourquoi on lui achète pas une jolie tondeuse, vous savez celle avec le rouleau tranchant au bout du manche qui coupe l'herbe en roulant.
Ceci fait parti des grandes et sérieuses enigmes du Nicaragua. J'enquête dessus et je vous tiens informé dès que j'ai un bout de réponse, ok ?

samedi 8 novembre 2008

Et maintenant, un peu de technique !

Pour ceux qui se demande encore ce que je fais précisement à bluefields, ce message va parler un peu boulot pour changer.

Je travaille sur les aspects techniques des éoliennes, la fabrication, l'installation et la maintenance avec une grosse partie consistant a optimiser ce qui existe déjà. Je ne travaille pas seul sur ce sujet, et heureusement!

Pour présenter un peu l'équipe, de gauche à droite, il y a Jonathan l'Australien, ingénieur mécanicien, Sébastien, qui a passé un an et demi à construire des éoliennes à l'atelier s'en va demain, Hugh qui nous a filer un coup de main rapide main hyper utile. Quand Hugh parle, c'est comme si les 10 commandements de l'éolien nous étaient livrés, bruts et incandescants de vérité...la parole divine du Guru...bon...pour en revenir à la photo il y a ensuite moi, puis Loïc, stagiaire Francais en école d'ingénieur qui s'occupe des aspects électriques et électroniques, et enfin Olivier, docteur en physique, francais lui aussi.

Celle-ci, c'est la nouvelle eolienne construite lors des deux semaines de conférence avec Hugh Piggott. Apres des journées de travail bien pleines pendant cette période elle tourne enfin peinardement dans le ciel des caraibes depuis 10 jours.

Cette éolienne est la mise en application d'une partie de nos dernières idées et de l'expérience de Hugh appliquée au contexte local. Elle devrait nous montrer la voie et nous guider dans notre boulot pour les mois à venir.
Car ici l'équation que l'on doit résoudre est compliquée par deux petits détails.
Le premier est que Bluefields est isolé de tout, ce qui complique enormément l'approvisionnement en matière première et donne des couts exorbitants sur le matériel importé. Je l'avais déjà dit dans un précédent message, toutes les marchandises qui arrivent à bluefields passent par bateau car aucune route n'arrive jusqu'ici. Et ça se paie.
Deuxième point, la corrosion. C'est incroyable de voir à quelle vitesse ici les métaux et le bois se font ronger! Le coin est une espèce d'étuve humide et chaude, attaquée par le sel des vents marins, idéal pour métamorphoser un métal brillant en vieux bout de ferraille et une belle planche saine en machin gondolé et moisi!

Un autre challenge de l'année à venir est de développer de nouvelles pales en fibre de verre car le bois spécial que nous utilisons actuellement pour les fabriquer est soumis à un moratoire sur son exploitation...impossible de le trouver sur le marché légal depuis des mois. La fibre de verre est plus solide, légère, et rapide à fabriquer mais ca demande un effort énorme de recherche pour developper un savoir faire, des moules, et des pales très solides et durables.

Bref, un joli tas de travail nous attend, mélange d'incertitudes et d'idées nouvelles. Dans un an, à notre départ, il y aura on l'espère une nouvelle éolienne pour le Nicaragua, un concentré de sueur, de jus cerveau et d'expérience. Une éolienne increvable, qui produit une énergie stable et regulière, jour et nuit, dès le moindre souffle des alizés, et que les enfants d'aujourd'hui verront encore tourner le jour où ils deviendront parents. Le Massey-Ferguson de l'éolien si vous voulez.

Voilà ce qu'on devra laisser à notre départ en septembre 2009... fatiguant mais excitant, non ?

lundi 3 novembre 2008

Pauv' chien

Le Nicaragua c'est le pays des chiens. Au sens propre s'entend. Chaque petite maison, chaque famille, chaque pauvre foyer semble en avoir un. Il faut ajouter a cela la même proportion de chiens errants dans les rues, les poubelles et les fosses. Ça donne des nuits plutôt bruyantes.

Heureusement les chiens d'ici sont relativement pacifistes. C'est comme les militants de greenpeace, ça fait plein de bruit, ça se montre, mais ça n'attaque jamais. Ces chiens se sont prit tellement de coups savate et de pierres volantes dans la gueule qu'ils en ont oublié depuis plusieurs générations le gout de la chair humaine. Il suffit de lever la main avec un air menaçant pour faire fuir a toute vitesse un cabot, la queue entre les jambes.

Jusque là rien de vraiment spécial. C'est sur le plan esthétique que le chien Nica devient spectaculaire. Marcher dans la rue à Bluefields c'est comme faire une ballade a l'hôpital, un vrai musée aux horreurs et aux extravagances de santé. La constante est le pelage éclairci, reparti entre l'avant et l'arrière, le ventre et le dos, voir éparpillé sans logique en touffes de poils sur quelques membres privilégiés. Une sorte de calvitie multiple et mal localisée, quoi.
Il y a ensuite plusieurs variables. Les pustules noirs et secs, les abcès rouges et suintants, les plaies mal cicatrisées, les pattes cassées. La liste est assez longue et je pense que vous avez compris. Croiser un chien sain au poil soyeux relève alors du miracle et la tentation est rude de ne pas se rouler à terre en embrassant cette créature miraculée.

Dernier point enfin, malgré le nombre de clebs dans la nature, il ne m'a jamais été donné de marcher d'une crotte de chien, ni meme d'en voir une en y reflechisant bien...le manque de nourriture dois expliquer cette propreté urbaine...je vous laisse deviner vous meme où disparaissent les cacas...

J'essaierai pour illustrer mes dires de mettre en ligne bientot quelques photos des spécimens les mieux arrangés, un bestiaires des "chiens survivors".

Et le premier exemple :



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je manquais un peu d'inspiration cette fois ci pour poster un nouveau message. Ce n'est pas encore les vacances et je suis en train de me faire pièger dans une routine de travail diaboliquement efficace pour rendre ce blog ennuyeux et plat (surtout ces deux dernières semaines). Pardonnez moi chers lecteurs adorés.

Mais enfin, Hugh part demain et on va finalement pouvoir se reposer un peu. J'en profiterai pour aller siffler sur une colline avec un petit bouquet d'églantine et savourer de sentir le temps glisser entre mes doigts de pieds...en pensant à vous et en réfléchissant au prochain mot que je vous écrirais...

Bonne journée, à la prochaine, et donnez des nouvelles, pardi !

mercredi 22 octobre 2008

On a un invité

Désolé, ce message sera court et surement le seul de la semaine. Mon temps est utilisé à des fins moins contemplatives et plus laborieuses que d'habitude, nous sommes en conférence de travail "internationale" depuis lundi matin, et ce jusqu'a vendredi de la semaine prochaine.
Enfin, "internationale", le mot est surement un peu fort puisqu'on ne recoit la visite que d'un étranger...
Il s'agit d'un écossais, Hugh Piggott, j'avais un peu parlé de lui dans mes précédents messages.
Je vais essayer de vous décrire un peu le personnage car il a une vie assez atypique.

Hugh vit depuis ses 22 ans tout au Nord de l'écosse dans un endroit très sauvage appelé Scoraig, qui ressemble un peu au Fjord Scandinaves. A l'époque, il a du dire à sa femme un truc comme : "tiens chérie, j'ai une idée, on va aller élever des moutons dans l'endroit le plus isolé d'angleterre, je couperai du bois pour la cheminée et toi tu feras du pain dedans". Je suppose qu'il a du argumenter un peu plus que ca, qu'elle était jeune et qu'elle devait beaucoup l'aimer.
Hugh a maintenant 56 ans et il vit toujours là bas avec elle. Pas de route, pas d'électricité à Scoraig. Il y a environ 80 habitants et faut compter 20 minutes de marche pour aller demander du pain au voisin quand le sien est fini. Il y a construit sa maison et c'est en bricolant sa premiere éolienne et ensuite toutes celles de ses voisins qu'il est devenu 30 ans plus tard LA référence des éoliennes autoconstruites. Si vous voulez, Hugh, c'est peu le Mac Giver de l'éolien, qui propose de construire une éolienne électrique fiable et durable dans son garage avec un marteau cassé, quatorze mètre de fil de fer et ce qui reste des poutres de l'écurie en ruine...
En plus de ca c'est une personne très simple, humble et sage, ce qui contraste assez avec l'étendu de sa réputation et le volume de ses connaissances et de son expérience. Ca change de certains "experts-consultants" dont la vanité et la vacuité sont proportionnelles à leur supposée célébrité.
Tout ca rend donc très agréable le travail avec lui, on apprend énormément de choses pour nos éoliennes et ca nous ouvre de nouveaux espaces de réflexions. De quoi alimenter nos cerveaux fous et tenter de nouvelles expériences inédites et créatives pour trouver la formule magique de l'éolienne idéale !
Bref, vous l'aurez compris, j'aime beaucoup ce type et malgré des journées très remplies, c'est une plaisir de vivre cette expérience. En plus il a failli ne pas venir nous aider à cause de l'avion.
Pas par phobie. A cause du CO2...

lundi 13 octobre 2008

Le travail, c'est aussi les vacances

Me voilà revenu de 4 jours de déplacement, 4 jours bien remplis, du boulot mais aussi plein de découverte et du bon temps !
Nous sommes parti mercredi matin pour (en prévision) 4 jours de travail, au programme la réparation d’une éolienne dans une école et deux visites de maintenance dans des communautés isolées.
Le trajet pour se rendre à notre première destination, Lagunas des Perlas (ou Pearl Lagoon en Anglais) est magnifique, le soleil tape dur mais on ne sent rien avec la vitesse et l’air frais des canaux.

Doucement......mais surement

Salvatrice crème solaire !

Après une heure de circulation dans des petits canaux cloisonnés par une jungle luxuriante et impénétrable, on arrive enfin à destination. Pearl Lagoon est un espèce de petit bled oublié au coin d’une immense lagune, avec une population très hétérogène de métisse espagnol, noir et miskito (les indiens originaires de cette partie de la cote atlantique avant les colons). Cela fait vraiment penser à une ville de pirate, pas vraiment de loi, pas vraiment d’administration. Une zone délaissée, isolée, une zone de trafic, sans contraintes ni règles. Le reggae et ces lignes de basse syncopées y règne en maitre incontesté, la bière est sa compagne favorite, tout cela dans un environnement abrutissant de chaleur douce et d'humidité.

Quand nous sommes arrivés, un type nous a aidé à décharger notre matériel, un gars d’un mètre soixante avec des muscles partout, un short taillé dans un vieux jean et des tongs usées, qui portait sans broncher sur son épaule notre bidon de gasoil de 15 gallons (60 litres). Un homme un vrai, quoi, un tatoué. Y avait écrit sur son biceps « Seed of Freedom » sous une feuille de ganja, et une femme poitrine à l'air dans une position équivoque sur le pectoral. Un représentatif ambassadeur des lieux en quelque sorte.

On arrive sur notre premier chantier, le mat est en place mais il faut changer les câbles qui le tiennent droit (la rouille attaque sans concession) et remettre en place une nouvelle éolienne. On commence mais après une heure de travail on apprend que le directeur de l’école n’a pas l’argent pour payer les réparations. Tant pis, on arrête tout, on rentre à l’hôtel manger des oranges et siroter du rhum frais à la bouteille.

Le soir, on est sorti. Il y a, à ma connaissance, trois bars à Pearl Lagoon. Ce sont des grandes cases de dix mètres de diamètre, larges et hautes, avec cinq ou six tables en plastique en périphérie et une piste de danse au milieu sur laquelle une famille d’éléphant pourrait faire la ronde. Pour rester dans l’échelle pachydermique, les deux baffles qui crachent le son font la taille d'un male vigoureux… Là aussi, les noms sont à l’image de l’esprit qui règne dans les lieux. Il y a le « Relax », le « Steef Cock », et le « Drop Drawers». Les deux derniers signifient littéralement « Bite Raide » et « Baisse ton caleçon », ne chercher pas de sous entendu derrière ces noms, c'est suffisamment clair et explicite comme ca!

En semaine, il n’y a jamais un chat pour boire une bière, c’est trop cher. Le week end non plus, sauf à quelques occasions, je suppose. La sono joue à fond et la bière coute cinquante centimes d’euros, les trois couples qui dansent n’en finissent plus de se coller. Les pieds et le buste restent fixes, seul le bassin s'utilise dans ce genre d’exercice.
Les mœurs sexuelles sont très libérées, pour ne pas dire débridées, ca doit être ca qui explique le fait que les filles de vingt ans aient déjà trois gamins, tous en garde chez la grand-mère...

Le lendemain, après une matinée de repos, lecture et autres activités ardues et contraignantes du même genre, nous sommes partis à Kakabila. Kakabila est une communauté isolée toute mignonne, au bord de la lagune.

Première image en accostant. Digne d’un reportage de National Géographique sur les tribus indiennes d’Amazonie, non ?

Les maisons sur pilotis sont posées sur un gazon vert et rasé digne d’un terrain de golf. On a passé que quelques heures là bas, le nez dans les fils électriques ; dommage mais pas grave, mon travail de terrain va se focaliser essentiellement sur cette communauté et il est prévu d’installer une nouvelle éolienne là bas en décembre. J’aurai donc l’occasion d’y passer plusieurs jours et de profiter des lieux.

Le lendemain, c'est-à-dire vendredi si vous suivez, fut surement la plus belle journée de notre périple. Réveil matinal et synchronisé avec le soleil, aux alentours de 6h. Aujourd’hui nous allons à Set Net Point, autre communauté isolée, au bord de la mer cette fois.

On a pas été trop secoués par la houle pendant le trajet...

On a eu pas mal de boulot sur cette installation, l’éolienne ne fonctionne plus et je ne sais pas très bien pourquoi. Apparemment il y a une sombre histoire derrière tout ca, un des leaders charismatique de la communauté à été tué (meurtre à Managua, la capitale), il soutenait beaucoup le fonctionnement de l’installation et il semblerait que des composants aient été sabotés, rien de bien clair quoi…
Le travail consistait à former un nouveau comité de gestion, c'est-à-dire sélectionner parmi les villageois trois ou quatre opérateurs en charge de la gestion du système (utilisation de l’énergie et maintenance). On a aussi mis en place un système de mesure du potentiel éolien sur le mat de l’éolienne.


Et puis vers 15h on est parti, mais pas dans la direction de Pearl Lagoon, dans la direction du large, où se trouve quelques petites iles éparpillées, les Pearl Cays. Depuis notre arrivée j’en bavait d’envie depuis le rivage, on m’avait dit que l’endroit était plutôt agréable…On ne m’avait pas menti. Les lieux sont simplement paradisiaques. On a passé deux heures la bas, jusqu’au couché du soleil. Je vous laisse apprécier les photos et mesurer comme mon travail ici est rude et harassant. Ce plaindre n’est pas mon genre mais là, quand même, faut pas abuser !


Une fois de retour à Pearl Lagoon, à la nuit tombée, on reçoit un coup fil pour apprendre que le type de l’école est prêt à payer les réparations, donc au boulot demain. On doit aussi aller faire une réparation pour un américain à la retraite qui habite sur la lagune, son système d’énergie renouvelable solaire-éolien ne fonctionne plus. Je suis choisi avec un autre gars pour aller là bas.
Vers 10h le lendemain notre américain c’est pointé. On met une demie heure de Panga pour aller chez lui. Ce gars est en train de se construire une maison gigantesque sur un endroit magnifique appelé Table Point, qui donne sur la lagune. Il a acheté le terrain il y a cinq ans, c’était de la jungle à l’époque.

On a passer trois ou quatre heures a bosser sur son systeme pour enfin trouver la panne, mais on a rien pu faire et on a ramener la pièce cassée avec nous. C'est une équipe qui est venue spécialement des états unis pour lui installer tout ca, que du matériel américain livré par bateau dans un recoin perdu des caraibes, j'ose pas imaginé la fortune que ca a du lui couter... en meme temps on est au pays des pirates, qui sait, il a peut etre trouvé un coffre bien garni en défrichant à la machette son bout de terrain...

Et puis on a finalement passer notre dernière nuit à Pearl Lagoon, apres une soirée au bar, comme d'habitude. On avait un peu de travail à l'école le dimanche matin pour tout finir, et nous sommes enfin rentrés au bercail, usé et heureux.

Voilà, fin des aventures, ce fut cinq jours de travail assez fatigants, mais vraiment riches en découvertes et expériences. Le soir en me couchant je me disais que c'est quand même pas dégeulasse d’avoir un boulot qui ressemble a s'y méprendre aux vacances...

samedi 4 octobre 2008

Question de temps

J’ai reçu beaucoup de mails de vous tous, avec pleins de questions dedans, ce blog semble aiguiser la curiosité de chacun… Malheureusement je ne dispose pas d’assez de temps pour répondre individuellement par mail. Ecrire c’est long.
Mais la solution est là ! Le blog pour les messages collectifs ! Evidemment ca n’a pas le charme du mail personnalisé, cette littérature collective et homogénéisée. Mais après tout, ça gagne en efficacité et rapidité, au diable l’artisanat et la pièce unique manuscrite par clavier interposé, vive la production de masse et la consommation ouverte au plus grand nombre !
Le temps est une denrée rare en ce moment et j’ai bien de la peine à en mettre un peu de coté. On pourrait mettre ca sur le dos de la nouveauté, des découvertes et de l’adaptation au nouvel environnement. C’est en partie vrai, mais ca fait tout de même un mois maintenant que je suis arrivé et j’ai l’impression que c’est de pire en pire.

Déjà pour le boulot, c’est un peu le grand rush en ce moment. J’en avais déjà parlé, Hugh Piggott vient nous voir pour deux semaines de conférence. Pour vous répondre Romain et Pauline, il arrive ici le 20 octobre précisément (si l’avion Russe est d’accord pour décoller…et après atterrir). Les préparatifs nous occupent donc beaucoup, surtout nous, les quelques technikos qui devons être fin prêt pour le Jour J.
A coté de ça, ma mise à niveau en anglais est lente, laborieuse et fatigante, étant donné les lacunes immenses et inconnues que je recelais en moi, à mon insu.
Ajoutons pour finir une foule de choses à enregistrer sur l’histoire de l’organisation, le fonctionnement actuel et les perspectives, j’ai de quoi occuper mes journées de travail !

Pour le temps libre, la vie en communauté à une quinzaine de volontaires internationaux, un nouvel environnement climatique, linguistique et culinaire auquel il faut s’adapter avec une belle dose de soirées arrosées me laissent peu de temps pour étudier le vol de la mouche locale et deviner les têtes grimaçantes qui se cachent dans la forme des nuages qui passent.

Bref, tous ceci pour confirmer que je suis bien occupé, ca ne m'empeche pas de répondre aux questions que vous m'avez posé par mail, ce que j'essaierai de faire le plus possible dans le futur.
Non, le terme n’est pas bien choisi quand je dis que Bluefields est un bourg. On peut parler de ville, il y a quand meme 50 000 habitants, une petite université et un Tip Top Pollo (en genre de Mac Do avec des plats aux poulets). Nous consommons beaucoup de poulet ici, il y en a apparemment de grands élevages industriels dans l’intérieur du pays, c’est très bon marché et on ne sent pas les hormones quand c’est bien grillé, rôti ou frit.
On ne peut pas aussi proprement parler de jungle autour de Bluefields. Si vous imaginez les arbres immenses, les cris de singes hystériques, l’enchevêtrement de lianes qui faut tailler à la machette pour pouvoir avancer, vous n’y êtes pas. C’est une jungle plus civilisé, avec de gentils et paisibles bananiers, d'innocentes plaines herbeuses et une terre rouge et très argileuse. Pas de chance de croiser Indiana Jones, mais on y trouve quand même des singes, des perroquets rouge jaune et bleu qui hurlent tropicoooooooooooo aux gringos en randonné, de délicieux fruits de la passion, des papayes allongées et grosses comme des citrouilles.

Enfin, concernant les nouveautés des jours à venir, je m’apprête à partir en déplacement avec quatre autres volontaires la semaine prochaine, du mardi au vendredi. Le but est de visiter les trois communautés au Nord de Bluefields sur lesquelles sont installées des éoliennes. Le voyage (environ 50km) se fera en Panga, j’en ai déjà parlé, c’est un petit bateau en matière plastique avec de puissants moteurs pour affronter la mer. C’est le moyen de déplacement le plus efficace, c’est aussi le seul. Je crois que ca va être riche en rencontres et découvertes sur les modes de vies, les cultures, les structures sociales etc. Je suis content de faire ce voyage car cela va constituer un important volet de mon travail qui contrebalance le coté très technique et enfermé dans les bureaux et l’atelier quand je suis à Bluefields…

Je tacherai de laisser un message sur mon blog le week end prochain pour raconter ce voyage.
En attendant je vous envoie une nuée de bisous et pensées affectueuses qui, je l’espère, arrivera sans trop de pertes à traverser l’Atlantique…

Clément

PS : désolé pour l’absence photos, je trouve ennuyeux de me balader constamment avec mon appareil…je vais plutôt récupérer plus tard les clichés des autres volontaires qui se donnent la peine d’illustrer leur quotidien…

samedi 27 septembre 2008

Bluefields

Ca fait un plus de deux semaines que je suis à Bluefields. Je commence doucement à me familiariser avec cette ville, son rythme, son humeur, son caractère. Je vais essayer de vous décrire à quoi ca ressemble, mon but n’est pas de donner une description précise et ennuyeuse mais plutôt mes premières impressions subjectives.


Tout d’abord, pour les cancres en géographie qui situe encore le Nicaragua entre Belize et Lesotho, soit quelque part dans l’océan indien, cadrons un peu les choses. Le Nicaragua est situé entre Honduras au Nord et Costa Rica au Sud et grand comme une demie France (c’est quand même le plus grand pays d’Amérique centrale). Il donne à l’Ouest sur l’océan Pacifique et à l’Est sur l’océan Atlantique, en particulier la mer des caraïbes.

Bluefields se trouve là, au bord d’une lagune vaseuse et trouble bien différente des eaux turquoise des cartes postales, à quelques dizaines de bornes de la frontière du Costa Rica.

Bluefields c’est cet espèce d’endroit perdu en pleine jungle, un bourg égaré coincé entre collines et lagune. La majorité des gens qui naissent à Bluefields y meurent (quelques années plus tard dieu merci) sans s’être beaucoup déplacé. Pas de routes ici, j’ai essayé une fois de marcher jusqu’au bout de la rue qui passe devant chez nous, j’ai du faire deux cents mètres avant que le béton ne s’arrête, abattu et découragé devant l’immense bande de terre rouge et glaiseuse qui s’étalait devant lui. J’ai ensuite marché un peu plus loin sur cette piste, elle se rétrécissait à vue d’œil, mangée lentement par la végétation et les filets d’eau qui ruissellent à chaque nouvelle pluie. J’y ai croisé quelques promeneurs bucoliques, machette à la main et vêtements débraillés, un Cavallero crasseux sur sa monture sale, une mule faible, trottante et fatiguée.

J’arrête là la description. Il n’y a pas de routes pour aller à Bluefields. Pas de routes pour sortir non plus. La seule liaison avec « autre part que Bluefields » est assurée grâce à la rivière qui vient d’El rama par des Panguas de vingt passagers et une barge de transport de matériel. Il y à aussi, petit détail, un petit aéroport avec un petit avion russe (comprendre vieux et déglingué) qui fait la liaison jusqu’à Managua.

On peut dire que Bluefields est, un peu, hors du monde.

Ajoutons à ça quelques autres ingrédients.

Un rythme de vie franchement Caribéen duquel l’adrénaline a été à tout jamais bannie. Un beat Raggaton généreusement diffusé à tout le quartier en continu par une sono infatigable. Une population hétérogène de mestizos et d’Afro descendants d’esclaves, dont l’assiduité, l’ordre et la discipline ne sont pas les caractéristiques premières. Un ouragan, un tremblement de terre ou un glissement de terrain dès que la proportion de baraques en dur dépasse celle des cabanes en tôles. Un soleil de plomb qui frappe à coups répétés tout ce qui essaie de se tenir au dessus de 20cm du sol. Des pluies lourdes et drues qui tombent tel un brouillard liquide et empêchent de voir au-delà de la rue la maison des voisins…

Voilà, vous y êtes je pense. Vous avez a peu près en tête l'endroit où je vis. Je me plais bien ici...